Plat de Shabbat
Objet musée
Numéro d'inventaire : 17646
Titre : Plat de Shabbat
Dénomination contrôlée : Judaica plat
Désignation de l'objet : Plat de Shabbat. Plat ovale en argent travaillé au repoussé à décors en style rocaille et à bords perlés. Gravé et orné de motifs en relief, sur les contours décoration florale et fruits, au centre deux Magen David dans un cartouche floral de part et d'autre de deux pains hallot, ou pains tressés du shabbat. Aux extrémités du plat grands motifs en coquille. Sur le pourtour intérieur, guirlande de fruits et fleurs, grenade, ananas et raisin.
Matériaux : cuivre, argent
Dimensions : 35,0 cm x 45,0 cm x 4,0 cm
Mode d'acquisition : achat
Source de l'acquisition :
Personnes/Organisations liées :
Datation (période) : XIXe siècle
Date de production : 1888 - 1920
Provenance géographique : Allemagne
Provenance géographique : Allemagne
Informations historiques : Ce plat ovale richement décoré est un plat de Shabbat, utilisé dans le cadre du repas rituel qui marque l’entrée du jour de repos hebdomadaire dans la tradition juive. Le vendredi soir, deux pains tressés appelés hallot sont déposés sur la table et bénis avant d’être partagés. Le décor central du plat représente précisément ces deux pains, soulignant sa fonction rituelle.
L’objet est réalisé en argent travaillé au repoussé, une technique qui consiste à marteler le métal depuis l’arrière afin de faire apparaître les motifs en relief sur la face visible. Le décor s’inspire du style rocaille, reconnaissable à ses formes courbes, ses coquilles et ses ornements végétaux. Des guirlandes de fruits et de fleurs, grenades, raisins, parcourent le pourtour du plat. Ces motifs, fréquents dans l’orfèvrerie décorative, évoquent également l’abondance et la bénédiction associées au Shabbat.
De part et d’autre des pains figurent deux étoiles de David (Magen David), inscrites dans des cartouches floraux. Sur le bord intérieur du plat court une inscription en hébreu :
“זכור את יום השבת לקדשו” – “Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier”,
une citation du Décalogue qui rappelle l’importance de ce jour dans la tradition juive.
Les poinçons visibles sur l’objet comportent une lune et une couronne, marques officielles de l’orfèvrerie allemande introduites par la loi de 1888. Ce système obligeait les artisans à indiquer la pureté de l’argent ainsi que leur poinçon personnel enregistré auprès du Reichspatentamt. Bien que l’orfèvre et la ville de production n’aient pas pu être identifiés, ces marques permettent de situer la fabrication de ce plat entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.
L’histoire de cet objet témoigne également des bouleversements du XXe siècle. Selon la mémoire familiale de son propriétaire, le plat aurait été retrouvé dans une poubelle pendant la guerre, dans une région d’Allemagne, puis conservé dans la maison familiale. Suspendu au mur plutôt qu’utilisé à table, il est devenu au fil du temps un objet de mémoire, porteur à la fois d’une tradition religieuse et d’une histoire familiale marquée par les événements de la guerre.
À la fois objet rituel, pièce d’orfèvrerie et témoin d’une histoire personnelle, ce plat rappelle la place centrale du repas du Shabbat, moment de rassemblement familial et de transmission des traditions.