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Toupie en ivoire

Objet musée

Numéro d'inventaire : 01575
Titre : Toupie en ivoire
Dénomination contrôlée : Jeu
Désignation de l'objet : Toupie - En ivoire tourné et gravé de lettre hébraïques conservé dans une boîte en bois à couvercle coulissant. Europe Centrale, XIXe ou début XXe siècle.
Matériaux : ivoire
Techniques : gravé
Dimensions : 6,5 cm x 3,5 cm
Mode d'acquisition : achat en vente publique
Personnes/Organisations liées :
Datation (période) : XIXème siècle
Date de production : vers 1850
Provenance géographique : Europe centrale
Provenance géographique :
Informations historiques : En ivoire tourné et gravé de lettre hébraiques conservé dans une boîte en bois à couvercle coulissant. Europe Centrale, XIXe ou début XXe siècle. Jouet éducatif de forme octogonale comportant sur chacune des faces de la toupie les huit premières lettres de l’alphabet. La toupie présentée, une pièce en ivoire tourné et gravé conservée dans une boîte en bois à couvercle coulissant, provient d’Europe centrale et date du XIXᵉ ou du début du XXᵉ siècle. De forme octogonale, elle porte sur chacune de ses faces les huit premières lettres de l’alphabet hébraïque et relève de la famille des toupies polyvalentes utilisées depuis l’Antiquité à des fins ludiques et éducatives. Les jeux reposant sur le principe du hasard – où l’on gagne ou perd selon la manière dont un objet retombe après avoir été lancé ou fait tourner – sont très anciens. Des toupies en argile sont attestées chez les Babyloniens vers 3500 av. J.-C., et une toupie en bois a même été retrouvée dans la tombe de Toutânkhamon. Dans la culture gréco-romaine, apparaît la teetotum, une toupie à faces planes portant des lettres indiquant des actions de jeu, utilisée comme substitut aux dés. Diffusée en Europe au Moyen Âge et à la Renaissance, elle servait notamment au jeu dit du put and take, où chaque face indiquait de prendre ou de déposer des jetons dans un pot commun. C’est dans ce contexte plus large que se développe, dans les pays germanophones, une variante appelée trendel, associée aux fêtes d’hiver. Les communautés juives d’Europe centrale adoptent cette pratique et adaptent la toupie en y inscrivant des lettres hébraïques ; en yiddish, l’objet prend le nom de dreydl ou dreidel. La version à quatre faces utilisée durant Hanoucca porte traditionnellement les lettres נ (nun), ג (gimel), ה (hé) et ש (shin), qui donnent les instructions de jeu et sont devenues, au fil du temps, l’acrostiche de la phrase « Nes gadol hayah sham » (« Un grand miracle s’est produit là-bas »). Cette formule renvoie au récit talmudique selon lequel, lors de la reconquête du Temple de Jérusalem par les Maccabées en 165 av. J.-C., une petite quantité d’huile aurait brûlé pendant huit jours, événement au cœur de la fête de Hanoucca. Ainsi, la toupie en ivoire du musée s’inscrit dans une tradition ludique très ancienne et dans une histoire culturelle riche, à la croisée du jeu, de l’éducation et de la mémoire rituelle.